"Y'en a Marre" refuse de participer au Dialogue sur le fichier électoral – SN

Le Dialogue National engagé par le président Macky Sall suit son cours, notamment sur la réforme du fichier électoral. Le chef de l’Etat considère en effet qu’1,5 million d’électeurs sur les 5,5 millions d’inscrits constituent un « stock mort ». Sous l’égide du ministre de l’Intérieur, les partis politiques et la société civile ont engagé les pourparlers sur la marche à suivre. Le mouvement « Y’en a marre », qui reste très critique avec les autorités, refuse de prendre part à ce dialogue.

C’est une tradition : chaque mardi soir, les membres les plus actifs de « Y’en a marre » se retrouvent aux Parcelles assainies, dans l’appartement où le mouvement a été créé. Cette semaine, la position sur le dialogue national est à l’ordre du jour.

Pour le rappeur Malal Talla, ce dialogue aurait dû s’ouvrir avant le référendum du 20 mars. « Peut-être que si Macky Sall avait eu l’intelligence, avant le référendum, de convoquer ce dialogue-là, ce dialogue pourrait être pertinent », scande celui que l’on surnomme « Fou Malade ».

« Au-delà de la fiabilité du fichier, les électeurs qui ne votent pas, on est 13 millions, qu’est-ce qu’on devrait faire pour que les gens votent plus ? Pour qu’on ait des institutions beaucoup plus légitimes, on n’a pas attendu le moment de dialogue de Macky Sall pour faire des plaidoyers autour de ces questions-là », explique Fadel Barro, porte-parole du mouvement sénégalais.

Un dialogue accaparé par l’APR et le PDS

Autre grief : « Y’en a marre » estime que le dialogue actuel a été accaparé par l’APR, le parti au pouvoir, et le PDS, principal parti d’opposition, et que la libération possible de Karim Wade a pris le dessus sur les questions de fond. « Si vous faites la revue de la presse, comment s’organiser à faire sortir Karim Wade, et aujourd’hui il serait en train d’approfondir la discussion autour de la grâce ou de l’amnistie, ce n’est pas le bien-être du Sénégal, ce qui ressort de ce dialogue », détaille « Fou Malade ».

S’ils refusent de rejoindre la table du dialogue, les membres de « Y’en a marre » entendent néanmoins jouer leur rôle de sentinelles de la démocratie et suivront de près les discussions en cours.

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