Maréma FALL, artiste chanteuse : « Ma musique est beaucoup plus appréciée à l’étranger qu’au Sénégal »

La sortie officielle de l’album « Initié » (merci en mandingue », hier, sur le marché national, marque, à coup sûr, la confirmation du talent de Maréma Fall mais également l’affirmation d’un style métissé. Lequel a fini de conquérir le cœur de nombreux mélomanes dans le monde. Dans cet entretien, la lauréate du Prix Découvertes Rfi 2014 revient sur sa nouvelle production, sa musique mais également ses projets pour le compte de l’année 2016.

Engagement pour la cause des femmes dans le nouvel album
« Dans ce nouvel album, il n’y a que « Femmes d’affaire » qui parle des femmes. Les autres morceaux abordent des questions du « Social living » avec un ensemble de thèmes de société.

Retour aux sources
Nous avons des modèles d’hommes et de femmes guerriers qui doivent ou peuvent constituer notre source d’inspiration de tous les jours. Nous devons mettre en avant notre culture, nos figures historiques pour aller de l’avant. Pour cela, il faut ressortir cette histoire du Sénégal pour la faire connaître aux jeunes et à la postérité.

Message à l’endroit des femmes
Je pense que les femmes doivent être fortes. Il faut toujours aussi avoir la tête sur les épaules. Dans mon morceau « Femmes d’affaire », j’ai été inspirée par une dame que j’ai rencontrée au marché de Soumbédioune. Elle était très âgée et pouvait pourtant rester chez elle pour s’occuper de ses petits-fils. Mais, cette femme a préféré aller au marché pour travailler. Cela m’a beaucoup touché. Aussi, j’ai vu des femmes faire du « marchand ambulant » à l’image des hommes. Les femmes ont leur place dans la société et il faut qu’elles continuent à l’occuper. C’est dommage qu’aujourd’hui, une partie des femmes sénégalaises ait tendance à oublier leurs valeurs en faisant de la dépigmentation. Je pense qu’une femme doit être naturelle.

Sortie de l’album sur le plan international
Nous avons pensé mettre cette production sur le marché international à partir du mois de janvier… Elle est distribuée par « The Orchard ».

Relation avec la musique
Je me suis toujours dit, intérieurement, que je suis née pour être au-devant de la scène. Mais, je n’étais pas prête pour intégrer brusquement le milieu musical. Et c’est pour cela que j’ai d’abord commencé à faire des chœurs pour un certain nombre d’artistes. Aussi, j’ai eu à intégrer l’école de musique de la Maison de la Culture Douta Seck où j’ai fait trois ans avant d’obtenir mon diplôme. Par la suite, ma rencontre avec Mao Otayeck a constitué un déclic dans ma carrière.

Apport du musicien Mao Otayeck
J’étais choriste au moment où j’ai rencontré Mao. Il m’a dit que j’avais une belle voix et qu’il avait envie de faire un album avec moi. Je lui ai répondu que je n’étais pas prête… Je me suis rendue compte par la suite que c’était le genre de personne qu’il me fallait. Mao n’a pas dénaturé ma musique et c’était la personne idéale qu’il fallait pour faire cet album.

Perception de la musique de Maréma au Sénégal et à l’étranger
Il y a une très grande différence dans la manière dont ma musique est perçue au Sénégal et à l’étranger. Nous avons voyagé avec le Prix Découvertes Rfi, mais le constat est que ce qu’on a vu en Europe n’est pas pareil par rapport à ce que nous avons l’habitude de voir au Sénégal. C’est décevant… Il est vrai que nul n’est prophète chez soi. A l’étranger, on jouait tout le temps à guichet fermé. Au Sénégal, peut-être que nous n’avons pas le même public. Toutefois, je considère que la musique que je fais à une place dans notre pays car elle n’est pas loin de ce que l’on fait ici. Ce n’est pas du vrai Mbalax mais on retrouve des sonorités sénégalaises. J’ai un style musical mélangé, métissé, qui regroupe des sonorités modernes et traditionnelles en même temps pour ne pas perdre la couleur africaine.

Menace du terrorisme dans le monde
J’ai peur comme tout autre Sénégalais parce qu’actuellement dans le monde, nul n’est à l’abri. Le mal peut surgir de n’importe où. Toutefois, nous avons nos prières. Le gouvernement également fera son devoir consistant à protéger les citoyens sénégalais.

Style d’habillement
J’ai toujours voulu être différente. J’aime aussi consommer local, ma culture, l’africanité.

Futurs projets de Maréma
Après la sortie officielle de l’album, nous avons prévu de faire une tournée nationale. Il est prévu aussi de faire des festivals en Côté d’Ivoire, au Gabon et dans d’autres pays. Nous serons à Abidjan dans le cadre du Festival Marché des arts du spectacle africain (Masa), entre février et mars. »

Propos recueillis par Ibrahima BA (Lesoleil)

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