GRIP – Les Dépenses Militaires de 5 Pays dont le SÉNÉGAL, Jugées RAISONNABLES – SN

Le montant des dépenses militaires du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger et du Sénégal reste ‘’raisonnable’’ au regard ‘’de la hauteur (plutôt modeste) de leur PIB ou des montants alloués à l’éducation et à la santé’’, estime Georges Berghezan, chercheur au Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP).

 
’’Avec moins de 2 % de leur PIB consacrés aux dépenses militaires, ils se situent légèrement en-dessous de la moyenne de l’Afrique subsaharienne ou des pays à index de développement humain faible’’, relève M. Berghezan, dans une analyse publiée par le GRIP.
Néanmoins, le chercheur note que ces dépenses ‘’semblent en forte augmentation’’ au Mali et au Niger, ‘’deux États déstabilisés par le chaos régnant en Libye voisine’’. Il signale toutefois l’absence de ‘’données récentes fiables pour le Niger’’, un pays ‘’menacé par les insurgés nigérians de Boko Haram’’.
Selon lui, ‘’au Burkina Faso, malgré l’absence de chiffres récents, le changement de régime semble avoir entraîné une nette réduction des dépenses militaires’’.
En revanche, en Côte d’Ivoire, ‘’le nouveau gouvernement paraît avoir choisi la voie du renforcement de son appareil militaire, ce qui expliquerait la hausse des dépenses qui lui sont affectées’’.
Quant au Sénégal, il ‘’poursuit une ascension lente mais régulière de ses budgets attribués à la défense et à la sécurité’’, observe-t-il.
’’Reste à voir comment évolueront les dépenses militaires de ces pays, et en particulier des deux derniers cités, où une forte croissance du PIB est attendue, notamment en raison du début de l’exploitation d’importantes réserves d’hydrocarbures’’, poursuit le chercheur.
Sans les nommer, le chercheur indique que quatre des cinq pays examinés ‘’sont en train de développer une force aérienne légère en acquérant des appareils divers, le plus souvent d’occasion’’.
S’il n’est pas encore possible d’avoir recul nécessaire pour juger de la politique de la Côte d’Ivoire en matière d’équipement de ses forces de sécurité, il reste qu’’’on peut supposer que Yamoussoukro prendra bientôt une position de leader sous-régional en matière d’achats d’armement’’, prédit-il.
Il met en avant le poids économique du pays et la politique affichée par son gouvernement.
‘’Enfin, relevons que, dans aucun de ces pays, la politique de défense et sécurité ne semble être substantiellement contestée par la société civile ou l’opposition politique. Cependant, au Mali, et peut-être au Niger, des voix se sont élevées contre la corruption ou le détournement de ressources destinées aux forces armées’’, conclut le chercheur.
Les travaux de Georges Berghezan portent principalement sur la violence armée, la prolifération d’armes et la prévention des conflits en Afrique centrale, ainsi que le trafic d’armes et de drogue en Afrique de l’Ouest.

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