France : quatre personnes ont péri pendant les inondations avec la crue de La Seine

Depuis le début des inondations, quatre personnes sont décédées et 24 ont été blessées, selon un bilan provisoire livré ce samedi 4 juin par le Premier ministre Manuel Valls. La Seine a atteint un pic de 6,10 mètres dans la nuit de vendredi à samedi et entamé une lente décrue depuis lors. Le retour à la normale devrait prendre plusieurs jours.

Quatre personnes ont perdu la vie et 24 ont été blessées au cours des inondations en France a fait savoir ce samedi 4 juin Manuel Vall. « Nous pensons aux familles concernées », a assuré le Premier ministre à l’issue d’une visite à la cellule de crise au ministère de l’Intérieur Place Beauvau.

« Il y a eu 20 000 évacuations depuis le début de l’épisode, dont 17 500 en Ile-de-France », a-t-il indiqué. Une réunion à Matignon « avec l’ensemble des assureurs » et en présence de la secrétaire d’Etat à l’Aide aux victimes, Juliette Méadel, doit avoir lieu, ainsi que deux réunions interministérielles. « L’une, pour bien préparer les dossiers de catastrophe naturelle, puisque le conseil des ministres mercredi va en examiner une première vague, a-t-il précisé. Et puis il y aura aussi une réunion sur les calamités agricoles puisque beaucoup de terres agricoles ont été inondées et que des exploitants attendent là également un soutien. »

« J’ai exprimé la volonté du gouvernement de traiter le plus vite possible pour que l’ensemble des aides qui sont mobilisables puissent être très très vite mises en place : c’est vrai pour les dossiers de calamités agricoles (…), les aides exceptionnelles pour les communes et les agriculteurs (…) les actes vont suivre pour toutes les victimes de ces inondations », a promis le chef du gouvernement.

Le niveau de la Seine ne montera pas plus haut

La Seine a atteint son niveau maximal cette nuit et n’ira pas au-delà a assuré Vigicrues. Le fleuve a enregistré un pic de 6,10 mètres à 2 heures du matin dans la nuit de vendredi à samedi et décroît depuis d’environ un centimètre par heure. A 10 heures, il était à 6,04.

« Le maximum est passé, c’est sûr, mais il peut y avoir encore quelques remontées, compte tenu des nombreux cours d’eaux qui affluent, avec encore des montées de crue sur l’Yonne, et des précipitations qui pourraient arriver en Ile-de-France cet après-midi, en particulier dans la Marne, et retarder la descente », a déclaré à l’AFP Bruno Janet, chef du pôle de modélisation de Vigicrues.

Le niveau atteint cette nuit est inférieur à celui de la crue de 1982 (6,18 mètres) et très loin du record de 1910 (8,62 mètres). « En 1910, il avait fallu un mois pour revenir à la normale, mais là ce sera beaucoup plus rapide, entre 5 et 15 jours. Sans précipitation, ce pourrait être de l’ordre de 5 à 7 jours, mais en raison des précipitations, on va dépasser la semaine », estime l’hydrologue.

La montée des eaux n’est pas terminée en revanche sur le Cher et la crue progresse vers la ville de Tours, où Vigicrues s’attend cette nuit à un maximum de 4,80 à 5 mètres, contre 4,63 samedi matin.

Reprise lente des transports

Il faudra « plusieurs jours » avant un « retour à la normale » a également prévenu le chef du gouvernement. Il en va de même avec les transports en Ile-de-France. Le trafic SNCF était toujours « critique » samedi matin. La circulation des trains est interrompue sur le tronçon parisien du RER C. « Un trafic normal n’est pas attendu avant la deuxième partie de la semaine prochaine », a prévenu le président de la SNCF Guillaume Pepy.

« 1 500 gilets rouges dans toutes les gares d’Ile-de-France, 2 000 personnes dans les services de maintenance travaillent sur l’ensemble des voies pour accélérer cette reprise en service dans de bonnes conditions », affirme Didier Bense, directeur général SNCF Réseau Ile-de-France.

« On est aujourd’hui toujours sur des opérations de surveillance voire de dépose d’installations car la nappe phréatique suit le niveau de la Seine avec un ou deux jours de retard donc on subit encore la montée des eaux », explique-t-il.

La SNCF se retrouve « un peu dans la même situation que les personnes qui ont eu une maison inondée, ils y reviennent et ils ont des travaux à réaliser. On va être dans cette situation sur les voies pour vérifier les installations, faire des réparations, mais aussi sur les trains car certains ne peuvent pas être entretenus donc ça va prendre du temps de pouvoir réparer, de pouvoir faire cette maintenance, avant de pouvoir avoir une circulation normale sur l’Ile-de-France », compare Alain Krakovitch, directeur général SNCF Transilien, qui précise que le coût de ces intempéries « était impossible de le définir à ce stade ».

 

 

(avec rfi)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.